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Sean Casey, MP

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Le député libéral dénonce l’attaque des conservateurs contre l’île-du-Prince-Édouard et les régions du Canada atlantique.

Posted on October 26, 2012

Sean Casey (Charlottetown, Lib.):
Monsieur le Président, j’informe la Chambre que je partagerai mon temps de parole avec le député de Malpeque.

Je suis heureux de prendre la parole au sujet du projet de loi sur l’emploi et la croissance, qui s’inscrit dans le cadre du Plan d’action économique de 2012, et de parler de l’incidence de ce plan dans ma province.

Je vais commencer par un petit rappel pour les personnes ici présentes. L’Île-du-Prince-Édouard est le berceau de la Confédération. C’est encore une province et, par conséquent, un partenaire à part entière de la Confédération, même s’il est parfois permis d’en douter. Elle compte 140 000 habitants. Son économie est saisonnière. Ses industries les plus importantes sont l’agriculture, la pêche et le tourisme. On n’y ramasse pas beaucoup de pommes de terre en janvier et l’hiver n’y est pas très propice à la pêche et au tourisme. Il s’ensuit que, durant les mois d’hiver, 27 000 de ses résidants dépendent de l’assurance-emploi. Le deuxième employeur en importance de ma province est le gouvernement du Canada. Un travailleur sur vingt est fonctionnaire fédéral. Les politiques économiques du gouvernement conservateur en ce qui concerne la fonction publique et l’assurance-emploi sont pour ma province d’une importance capitale.

Je commencerai par parler des politiques du gouvernement relatives à l’assurance-emploi, et de trois en particulier: la mesure qui porte sur le travail pendant une période de prestations, dont le député de Cape Breton—Canso nous a tant parlé; les dispositions relatives aux personnes qui ont souvent recours au régime incluses dans le Plan d’action économique de 2012 et les modifications apportées en douce le mois dernier à un programme pilote dans les régions où l’emploi est élevé.

Je vais raconter à la Chambre l’histoire d’un homme du nom de Roger Byers. Celui-ci m’a donné la permission de révéler son nom de famille, parce qu’il veut que son histoire soit connue. D’ailleurs, il participera samedi à un ralliement devant le bureau de la ministre responsable de l’Agence du revenu du Canada et il racontera lui-même son histoire devant une grande foule.

Roger Byers est quelqu’un de bien réel, qui vit dans un appartement sur la rue Hillsborough. Il est balayeur de rue pour la ville de Charlottetown. Il gagne 17 $ l’heure, travaille 40 heures par semaine, six mois par année. Outre cet emploi à temps plein pendant la moitié de l’année, Roger travaille 20 heures par semaine dans une salle de bingo. Six mois par année, Roger Byers travaille 60 heures par semaine. Il n’est pas paresseux. Pendant les six autres mois de l’année, il travaille dans une salle de bingo où il gagne 10 $ l’heure, soit 200 $ par semaine. Aux termes des dispositions du Plan d’action économique de 2012, pendant l’hiver, il devra rendre 100 $ des 200 $ qu’il gagne par semaine.

Le gouvernement a annoncé qu’il apporterait des changements au projet-pilote Travail pendant une période de prestations en fin d’après-midi, un vendredi à la veille d’une semaine de relâche. Les anciennes règles donnaient un choix à M. Byers, la récupération était donc beaucoup plus modeste. Elle n’était que de 6 $ par semaine. Toutefois, les changements entreront en vigueur en janvier, février et mars de l’année prochaine. Par conséquent, M. Byers, pendant l’hiver, devra rendre la moitié de ses revenus. Voilà comment il traversera la période des Fêtes, grâce au Plan d’action économique de 2012.

Le Plan d’action économique de 2012 s’en prend aussi aux personnes qui se prévalent souvent du Régime d’assurance-emploi. Sur l’Île-du-Prince-Édouard, il y en a 27 000. Cette mesure aura un effet dévastateur sur notre économie.

Au Canada, on note une tendance à délaisser les petites localités pour les grands centres et à quitter l’Est pour aller s’établir dans l’Ouest. Apparemment, les choses ne progressent pas assez rondement au goût du gouvernement. Les politiques économiques du gouvernement videront les petites localités, l’Est du pays et les endroits qui dépendent d’activités économiques saisonnières, comme ma région.

En terminant, j’aimerais revenir sur un événement survenu le mois dernier.

Jusqu’à il y a un mois, il y avait un projet-pilote qui ciblait les régions où le taux de chômage est élevé, comme dans ma province. En douce, et sans même prévenir les participants ni les provinces, ce programme a été supprimé. Résultat: les gens qui ont besoin de l’assurance-emploi parce qu’ils vivent dans une région où le taux de chômage est élevé, comme à l’Île-du-Prince-Édouard, recevront l’équivalent de cinq semaines de prestations de moins. En fait, ils vont recevoir leur dernier chèque en plein milieu de l’hiver.

En plus du tort que l’on fait aux habitants de l’Île-du-Prince-Édouard, a-t-on songé au gouvernement provincial? Les gens touchés n’auront d’autre choix que de se tourner vers l’assistance sociale. On se trouve ainsi à refiler le fardeau d’un programme social au gouvernement provincial, puisque l’assistance sociale est de son ressort.

Remarquez, le premier ministre est tout à fait conséquent, car c’est lui qui a dit, en 1995, que c’était aux provinces de s’occuper des pauvres. Il nous le confirme maintenant qu’il est majoritaire.

J’invite d’ailleurs tous les députés à assister à une manifestation qui aura lieu devant les bureaux de la ministre du Revenu national samedi à 13 heures. Nous devrions être nombreux. Le chef du Parti libéral sera de la partie. Ce serait bien si quelques ministériels venaient; ils verraient les conséquences de leur Plan d’action économique sur l’Île-du-Prince-Édouard. Oui, j’aimerais bien que des députés conservateurs viennent se faire expliquer les résultats de leurs politiques.

Je disais au début qu’à l’Île-du-Prince-Édouard, le gouvernement du Canada est le deuxième employeur en importance. À la page 251 du budget, on peut lire qu’aucune région ne devait être traitée de façon inéquitable en raison des compressions dans la fonction publique et que la majorité des postes coupés seraient dans la région de la capitale nationale. Or, si, dans l’ensemble du pays, 4,8 % des postes de la fonction publique ont été abolis, ce n’est pas ce qui s’est passé à l’Île-du-Prince-Édouard, où de 10 à 12 % des effectifs ont été remerciés. Autrement dit, quand le gouvernement a décidé de mettre la hache dans la fonction publique, il a frappé deux fois plutôt qu’une à l’Île-du-Prince-Édouard. Et ce n’est que la suite de la fâcheuse tendance qui se dessine depuis quelques années.

Au cours des dernières années, soit entre 2009 et 2011, la taille de la fonction publique a augmenté. Le nombre de fonctionnaires a augmenté de 2,9 % au pays, et de 5,1 % à Ottawa, mais il a diminué de 3,5 % à l’Île-du-Prince-Édouard. Par conséquent, le budget aggrave davantage l’élimination progressive des emplois dans ma province, et c’est une atteinte directe à notre économie.

Comme je l’ai dit, notre économie est saisonnière. Pendant l’hiver, 27 000 personnes dépendent de l’assurance-emploi pour gagner leur vie. Dans ma province, une partie des emplois bien rémunérés se trouvent dans la fonction publique fédérale, mais ces emplois disparaissent selon un taux deux fois plus élevé que la moyenne canadienne à cause des politiques économiques du gouvernement conservateur.

Cependant, chez moi, le sort des services de première ligne est pire que celui des fonctionnaires et des entreprises fréquentées par ceux-ci.

Les contribuables qui veulent parler à quelqu’un au sujet de leur déclaration de revenus peuvent se rendre dans un bureau de l’Agence du revenu du Canada dans toutes les provinces du pays, sauf à l’Île-du-Prince-Édouard. Si des anciens combattants veulent parler à quelqu’un dans un bureau de district, ils peuvent le faire dans toutes les provinces du pays, sauf à l’Île-du-Prince-Édouard. Si des immigrants souhaitent parler de leur situation à un employé de Citoyenneté et Immigration Canada, ils peuvent le faire dans toutes les provinces du pays, sauf à l’Île-du-Prince-Édouard.

L’Île-du-Prince-Édouard demeure une province. Les politiques économiques du gouvernement punissent l’Île-du-Prince-Édouard. Au Canada, cette situation est inacceptable.

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